Il faut rester prudent en attendant le fonctionnement effectif de l’innovation proposée par Suez, mais pour la 1ère fois, une solution à grande échelle est proposée pour lutter contre les PFAS. Reste à vérifier son efficacité.

En tout cas, comme de nombreuses communes, Chasse-sur-Rhône et de Loire-sur-Rhône situées sur le territoire de Vienne Condrieu Agglomération verront peut-être se résoudre leurs problèmes de PFAS, ces polluants éternels aux effets néfastes pour la santé que les habitants trouvent, dans l’eau de leur robinet.

En effet, à l’instar de toutes les communes du Syndicat d’Eau Potable Rhône-Sud (* voir liste ci-dessous), ces communes située au Sud de « la Vallée de la chimie » vont en tout cas bénéficier du lancement d’un « chantier pilote unique en France ».

C’est ce qu’annonce le groupe Suez qui « lance la construction d’une solution de traitement des PFAS dans l’eau potable. »

Et de préciser : «  Cette solution technologique brevetée par Suez est déployée pour la 1ère fois en France pour répondre à la problématique des polluants éternels. Elle permettra de garantir une eau de qualité à près de 170 000 usagers du Sud Lyonnais alimentés par l’usine de Ternay. »

Comment ça marche ?

Inaugurée en 2017, l’usine de production d’eau potable de Ternay se compose actuellement de six filtres à charbon actif.

Dès 2022, des analyses avaient mis en évidence la saturation rapide de ces filtres, impactant leur capacité à retenir l’ensemble des PFAS présents dans l’eau servie aux habitants.

La solution proposée par Suez « s’appuie sur le renouvellement en continu du charbon actif, grâce à un système de 6 réacteurs à flux descendant. »

Et de préciser que « cette innovation permet de maintenir l’efficacité du traitement, sans mise à l’arrêt des filtres pour le renouvellement du charbon. «

Suez assure « qu’elle peut s’intégrer dans une usine existante dans le cadre d’une réhabilitation, limitant ainsi les coûts d’investissement pour la collectivité. »

Un coût de plus de 4 millions d’euros

Reste tout de même qu’en face de cette solution, cette forme de dépollution a un prix. Elevé. L’investissement se situe à plus de 4 millions d’euros, heureusement pris en charge à 50 % par l’Agence de l’Eau. Le coût de fonctionnement s’avérera aussi élevé : il est estimé entre 500 000 et 900 000 euros. Et à l’arrivée, cela se traduira fort probablement par un surcoût pour l’usager… A moins que les pollueurs finissent par payer l’addition.

Suez se dit capable « d’analyser et de quantifier la présence de 65 molécules de PFAS dans l’eau, soit 45 de plus que celles ciblées par la règlementation. »