Tout Festival, de plein air de surcroît, doit prendre en compte de multiples aléas. Pour Jazz à Vienne, ils n’ont pas manqué en cette année 2024. Les orages d’abord qui ont notamment marqué la soirée notamment consacrée à Rhoda Scott et les élections législatives inopinées puisque les deux tours de scrutin, les 30 juin et le 7 juillet se sont déroulés en plein festival !

A l’arrivée, l’impact sur le public a été relativement faible souligne Samuel Riblier, le directeur du Festival, au micro de Jazz’Actu qu’en partenariat avec Vienne TV vous avez pu retrouver chaque jour sur vivre-vienne.

« 2024 a été une très bonne année en termes de fréquentation du public », confirme-t-il.

On ne connaîtra précisément les chiffres de la fréquentation que le mardi 16 juillet, jour de l’extra-night et en fait, véritable dernier jour du Festival qui verra l’arrivée sur scène le soir de Vulfpeck et Léon Phal (c’est complet et ça va encore doper les chiffres).

Pour Samuel Riblier, 2024 ne dépassera pas néanmoins la fréquentation de 2023, record absolu depuis la création du Festival avec un peu plus de 90 000 spectateurs ayant pris place sur les gradins du théâtre antique.

Mais autre certitude pour le directeur de Jazz à Vienne, « 2024 va néanmoins s’installer sur le podium des plus belles fréquentations. »

Satisfaction donc, de la part du directeur du Festival, mais aussi de Guillaume Anger, le nouveau directeur artistique dont c’était le premier festival de plein exercice au sein duquel on retrouve intégralement sa patte.

Les chiffres sont en effet une chose, mais la qualité artistique, une autre.

Et à cet égard, au bout de quinze jours de musique non stop, on peut qualifier sans conteste cette 43ème édition, d’excellent millésime.

Le plaisir et les émotions musicales ont été nombreux tout au long de cette quinzaine. Et le public a su l’exprimer en participant par la voix, le corps et de nombreuses standing ovations au fil des soirées.

Les plus belles soirées ont été celles qui ont été conçues spécifiquement pour Jazz à Vienne ou quelques rares autres Festivals, à l’initiative du directeur artistique.

 

Ce fut le cas avec l’étincelante soirée d’ouverture avec Ibrahim Maalouf en vedette qui avait spécifiquement prévu ce soir là une pléiade d’invités, à l’instar des 50 jeunes élèves trompettistes du Conservatoire de Lyon, mais aussi le tromboniste viennois, Robinson Khoury, voire encore Tombone Shorty…

Même pléïade d’invités lors de la chaleureuse et émouvante soirée NewGaro, avec pas moins de trente artistes sur la scène du théâtre antique, en hommage à la disparition il y a vingt ans du plus jazzy des chanteurs français.

Idem enfin pour la soirée consacré au « Lady Quartet «  de Rhoda Scott en compagnie des meilleures « souffleuses » de Jazz en France et de trois chanteur de haut calibre.

Nul doute : ce seront ces soirée spéciales qui resteront marquantes, au côté de nombreuses autres par ailleurs et avant tout de la soirée qui vit l’arrivée sur scène avec accordéon et kora des «  Egarés » (Sissoko, Ségal, Parisien et Peirani) ; un passage marqué par la grâce qui a fortement touché le public, le 29 juin, via une fusion magique entre jazz africain et hexagonal.

On peut également citer le concert ébouriffant de Trombone Shorty ou dans un tout autre style, le latin jazz, celui de Chucho Valdes, 82 ans, en excellente forme ce soir là qui a étalé la vaste diversité de son talent.

Voire encore, le 6 juillet avec trois artistes féminines d’exception aux registres très différents, mais complémentaires avec Yun Sun Nah, Jeanne Added et Hiromi.

Mais la palme de la découverte pour beaucoup a sans nul doute été la présence sur scène le 8 juillet du chanteur israélien, Asaf Avidan, homme orchestre et showman accompli, à la voix atypique qui, seul en scène a subjugué les 7 500 festivaliers présents pour sa première venue au théâtre antique.

Une telle liste peut par ailleurs être allongée en fonction des goûts et des attirances musicales de chacun, car ce qui frappe enfin dans cette édition 2024, c’est la grande diversité des styles musicaux proposés sur scène. Une diversité qui en a fait la richesse…

Une dernière image enfin, qui restera marquante : celle de la chanteuse de Caravan Palace, Zoé Colotis, portée sur scène car blessée assez grièvement lors d’un précédent concert et incapable de se mouvoir, mais qui, de sa chaise a assuré comme si de rien n’était. The show must go on !  (photo de tête)